La vie quotidienne en Nouvelle-France

Les soldats

Dans les forts et les postes

Scène de la vie quotidienne au fort Beauséjour, vers 1753

Légende: Scène de la vie quotidienne au fort Beauséjour, vers 1753

Le logement est de toute évidence plus rudimentaire dans les fortins éloignés. Il est question, en 1695, de forts ayant des « cabanes de pieux recouvertes d'écorce ou de planches » 89 pour loger les soldats. Le problème y est moins crucial cependant que dans les villes, du fait que ces postes n'ont que de petites garnisons. Ils comprennent habituellement un logement pour le commandant et les officiers, un autre pour les soldats et les voyageurs, un corps de garde et un magasin, tout ceci pouvant varier grandement d'une place à l'autre. À Michillimakinac, par exemple, on trouve une première maison pour le commandant, une deuxième pour les officiers subalternes, une troisième pour les sergents, mais pas de logement distinct pour les soldats. Certains de ceux-ci logeaient probablement dans le corps de garde qui faisait aussi partie de cet important poste de traite des fourrures, et d'autres chez les habitants. Dans l'Ouest, le fort La Reine (aujourd'hui Portage-la-Prairie, Manitoba) avait aussi son corps de garde et son logis pour le commandant. À l'opposé, le petit fort Puskoya (aujourd'hui Le Pas, Manitoba) n'était guère plus qu'une palissade entourant une maison de bois pièce sur pièce divisée en trois : une partie servait à entreposer les objets de traite, une autre à stocker les fourrures, et la dernière à loger tout le monde, y compris le commandant.

La situation s'améliora au fil des ans. Les forts de plus grande importance, surtout ceux construits au XVIIIe siècle, tels les forts Saint-Frédéric, Niagara et Chambly, furent pourvus de logements pour les troupes et d'équipement de caserne.