Armement et expérience du temps de guerre

Les armes

La mitrailleuse

Qui ne connaît le fameux revolver, cet inséparable compagnon du cow-boy, une arme de poing qui comporte un barillet percé d'un certain nombre de chambres - généralement six - tournant autour d'un axe central ? Inventé en 1836 par l’Américain Samuel Colt, le revolver moderne est demeuré essentiellement le même jusqu’à nos jours, même s'il a subi quelques améliorations, particulièrement en ce qui a trait à la résistance des métaux.

Au milieu du XIXe siècle, un manufacturier américain de machines agricoles du nom de Gatling s'inspire du principe du revolver pour mettre au point une nouvelle arme. Il regroupe un certain nombre de canons autour d'un axe central ; grâce à une simple manivelle actionnée à la main, l'ensemble pivote autour de l'axe pendant qu un système de cames ouvre et ferme les culasses des canons à chaque révolution. La mitrailleuse, encore fort rudimentaire, est née. À la fin du siècle, Hiram Stevens Maxim, un électricien autodidacte américain, modifie radicalement la Gatling : désormais, la source d'énergie nécessaire au cycle rotatif proviendra de la puissance des gaz dégagés par l'explosif, sans autre intervention humaine. La mitrailleuse automatique Maxim se répand rapidement. En 1904, les Britanniques mettent au point une version améliorée de la Maxim, plus légère avec une plus grande rapidité de tir, la Vickers. Enfin, en 1911, un colonel de l'armée américaine présente la première véritable mitrailleuse légère. Plus rapide, d'un prix de revient moindre que la Vickers, facile à transporter et à camoufler, la Lewis peut être servie par un seul homme.

Les troupes canadiennes utilisent des mitrailleuses pour la première fois lors de la campagne du Nord-Ouest, en 1885. Elles disposent alors de deux Gatling, dont l'efficacité laisse encore grandement à désirer. Surnommée « rababou » par les Métis, c'est-à-dire « qui fait du bruit », la Gatling, en effet, ne semble guère pouvoir faire davantage que d'agacer les tympans. Au cours de la Première Guerre mondiale, par ailleurs, les soldats canadiens utilisent des mitrailleuses du dernier cri. Équipée de voitures motorisées protégées par un léger blindage et munies de mitrailleuses Vickers et Lewis, la Première Brigade canadienne de mitrailleuses motorisées se bâtit même une réputation enviable.

Couplée à la puissance du fusil, la mitrailleuse joue un rôle déterminant dès le début de la guerre 1914-1918, rôle que la plupart des stratèges militaires n'avaient pas anticipé. D une portée légèrement supérieure à celle du fusil, elle possède cependant une puissance de feu beaucoup plus grande, pouvant atteindre les 600 coups à la minute. Quelques hommes seulement, avec une mitrailleuse lourde enterrée dans un « nid » et protégée par un mur de fer barbelé, peuvent tenir en respect un fort parti de soldats presque indéfiniment.